Sahara Soul

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Fin Janvier, dans le désert, à Paris.

Après une escale à Londres au célèbre Barbican Centre, le concert nomade Sahara Soul débarque à Paris, à la Gaîté Lyrique. A l’entrée, des jeunes, des moins jeunes, des garçons en tenues africaines, et des filles en robes longues. Tous sont venus voir certaines des meilleures formations musicales maliennes du moment. Dans le foyer historique de cet ancien théâtre, on parle français, arabe, anglais, brésilien, et quelques dialectes touaregs, et on s’enthousiasme du programme de la soirée : Sidi Touré, Tamkirest, et Bassekou Kouyaté.

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C’est Sidi Touré et ses musiciens qui ouvrent le bal. Des percussions africaines chauffent la salle, et les premiers envoûtements commencent. Sidi, calotte blanche sur la tête, fait figure de sage, raconte des histoires de son Mali natal, de sa ville Gao, qu’il a été forcé de quitter, et, entre deux morceaux, invoque les esprits de la montagne, et les magiciens du désert. Personne ne sait exactement comment danser, mais tout le monde bouge. A côté de nous, un couple s’essaie à des pas de flamenco, des têtes se balancent, pendant qu’on apprend à nos voisins des danses berbères approximatives.

Au moment où Tamikrest arrivent sur scène, c’est l’euphorie. Interdits de séjour dans les contrées rebelles du Nord-Mali, exilés dans le désert algérien, ils produisent des sons lancinants et libérés. Nos yeux ne quittent pas la chanteuse Wonou Walet Sidati, sa confiance, ses lourdes parures, ses youyous qui percent le vide, et son voile noir sur la tête, qui lui tombe au milieu d’un chant tamasheq. Les guitares électriques nous évoquent un désert grisant, des maliens chantent en choeur et en transe, et une longue balade nous laisse profondément émus.

Bassekou Kouyaté est le dernier à passer, et avec lui le concert devient une sorte de grande fête familiale ouverte au public. A ses côtés sa femme, Amy Sacko, fait trembler les murs avec sa voix de diva du Sahel, ses enfants grattent les luths africains et improvisent des danses synchronisées, pendant que des cousines, amies, sœurs, montent sur scène, chantent quelques minutes, et se re-mêlent à la foule, pour la faire danser. Un vrai dimanche à Bamako!

Le concert se termine avec un événement exceptionnel. Les troupes de Sidi Touré, de Tamikrest, et de Kouyaté se rejoignent pour chanter un morceau inédit, ensemble. A la gloire du Mali, à l’espoir d’une union nationale, et à l’encontre des obscurantismes.