Rania Belkahia

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Nom : Rania BelkahiaAge : 24 ans Occupation : Co-fondatrice et présidente d’Afrimarket Localisation : Paris

A 24 ans, et tout juste diplômée de Télécom ParisTech et d'HEC, Rania Belkahia fait partie des 30 femmes qui comptent en 2014 selon l’express. Co-fondatrice d’Afrimarket depuis 2012, le service de paiement « cash-to-goods » qui entend révolutionner le transfert d’argent vers l’Afrique, la jeune marocaine compte parmi ses business Xavier Niel (Free), et Jacques-Antoine Granjon (vente-privée.com). Elle nous parle de son projet et partage ses insights sur ce marché en pleine expansion.

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  • « Révolutionner le transfert d’argent en Afrique ». C’est un parti-pris assez ambitieux. Comment vous-y prenez-vous en tant que jeune start up ?

L’innovation d’Afrimarket repose sur deux choses essentielles : d’une part c’est une plateforme 100% digitale qui permet de régler, directement de chez soi en France, des dépenses alimentaires, de santé ou encore de scolarité de proches en Afrique. D’autre part, nous avons réduit de moitié la commission perçue par rapport à la concurrence. Le marché du transfert d'argent vers l'Afrique est dominé par deux acteurs qui se partagent 75 % du marché et prélèvent des frais très élevés, en moyenne 12,5 %. Chez Afrimarket, le taux de commission est fixé à 5%. Le marché du transfert d’argent de la diaspora africaine vers le continant représente quelques 44 milliards d’euros en 2012, et pour le moment, nous sommes la première entreprise européenne à se lancer dans ce domaine d’activité ! Pour le moment, nous avons développé des partenariats avec des enseignes en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Togo et au Bénin, et bientôt le Mali et le Cameroun. "Le but est d'aider les membres de la diaspora à cibler leurs transferts d'argent et à dépenser utile." - Jérémy Stoss, co-fondateur

  • Quel est ton rôle précisément, en tant que présidente d'Afrimarket ?

Nous sommes 3 co-fondateurs, si les tâches sont bien réparties entre nous, nous avons chacun beaucoup de responsabilités. François Sevaistre, 24 ans, est directeur technique, Jérémy Stoss, 31 ans, est en charge du déploiement des solutions et de la gestion des pays émetteurs, quant à moi, en tant que présidente, je suis le visage d’Afrimarket. En plus de gérer la presse africaine et corporate, je suis en charge de la stratégie marketing, du développement de l’activité, et du côté émetteur. Le plus gros challenge est d’ailleurs de trouver ces émetteurs qui envoient de l’argent régulièrement à leur famille. On compte déjà 5000 émetteurs de la diaspora africaine d’origine ivoirienne, béninoise et sénégalaise. Après, une fois qu’on a trouvé des clients, l’enjeu pour nous est de maintenir le niveau de service pour pouvoir développer des offres complémentaires par la suite. Par ailleurs, nous ne voulons pas seulement nous limiter aux émetteurs et plus tard offrir des services aux ONG et associations sur place.

  • On t’a beaucoup vue sur le terrain. En quoi consistent tes déplacements et comment vis-tu cette dimension de l’expérience ?

Pour développer notre projet, nous avons dû voyager énormément pour nous mettre en immersion et nous adapter à la culture de chaque pays dans lequel nous déployons la solution afin de proposer l’offre la plus optimale. Nous avons également choisi soigneusement chacun de nos partenaires sur place de façon à ce que ça soit des établissements de références qui paient leurs taxes et leurs impôts notamment. Nous voulons participer au développement de la croissance en Afrique, et remettre de l’argent dans l’économie formelle est une chose primordiale. Par exemple, la ville de Touba au Sénégal compte 20 pharmacies dont seules 3 offrent de vrais médicaments ; les 17 autres distribuant de la contrefaçon moins chère, et potentiellement très dangereuse.

Nous avons donc construit une équipe locale très riche au fur et à mesure et fait plein de très belles rencontres. Ca a renforcé mon sentiment d’appartenance au continent africain, que j’ai appris à découvrir, et cette double culture que je porte en tant que marocaine vivant en France est une véritable force.

  • Et penses-tu qu'une extension au marché marocain/maghrebin serait possible ?

Actuellement, la solution créée est adaptée au marché de l'Afrique subsaharienne et Afrique de l'ouest francophone, où l'utilisation du téléphone portable en guise de moyen de paiement est déjà ancrée au sein des populations.

En revanche, un besoin a été identifié pour le Maghreb aussi, mais donnerait certainement lieu à une solution sous une autre forme.