Nabil Sebti

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Nom: Nabil SebtiAge: 26 ans Localisation: Casablanca Occupation: Chroniqueur Luxe Radio et entrepreneur

Voilà près d’un an que Nabil Sebti est rentré pour s’installer au Maroc. Après plusieurs années d’études en France, la transition peut être quelque peu délicate, a fortiori quand celle-ci est précipitée. Pressions sociales, différences culturelles et angoisses personnelles, sont autant de changements à gérer en vue d’une ré-intégration “réussie”.

Nous avons rencontré Nabil dans le cadre de la 1ère édition de The Souk à Marrakech, l’occasion pour nous de revenir sur son expérience du ”chemin retour”…

nabil sebti

  • La chanson qui a marqué cette période ?

Hoba Hoba Spirit - Bienvenue à Casa.

Invité par un ami à un concert de Hoba Hoba peu après mon arrivée, j’ai redécouvert cette chanson que j’aimais beaucoup et qui tombait sous le sens en cette période de ma vie.

  • Ce que tu as détesté qu’on te dise ?

“Tu es rentré parce que tu as été expulsé de France ”! Non seulement parce que cette affirmation est fausse, mais surtout parce qu’elle remet en cause ma posture même dans le travail d’échange que j’essaye de mettre en place. Celui-ci devient construit, et n’émane plus d’une vraie volonté.

  • Le plus gros choc ?

Le poids de la pensée positive : “ça va bien au Maroc" ! Le pouvoir du “Hamdoullah“ est saisissant au Maroc. C’est l’attitude qui bloque toute tentative de deuxième lecture et qui avorte le débat. Cette pensée positive s’arrête à un résultat obtenu, et n’envisage pas l’horizon nécessaire à l’évolution continue.

  • Le plus dur ?

“Le déterminisme ” ! Je m’appelle Sebti, je suis fassi, j’ai fait Lyautey et HEC et je me retrouve confronté à des auditoires à peine plus jeunes que moi. Comment alors gagner en légitimité et partager mon expérience sans être réduit à ce semblant de déterminisme. J’en viens donc à invoquer toutes les embûches qui ont pu jalonner mon parcours, pour prouver qu’il n’est finalement pas si tracé que ça.

  • Le plus grand regret ?

“Mon projet de start up avorté.” Ma grande frustration est de ne pas avoir pu développer mon projet de start up en France. Après avoir travaillé 10 mois dessus et passé plusieurs paliers, je n’ai pas eu le temps de savoir si c’était une bonne ou une mauvaise idée. Je reste donc suspendu à cette interrogation et ne peux pas envisager de travailler pour autrui. Je suis sans doute aussi très têtu.

  • La plus grande satisfaction ?

D’être dans un pays où tout reste à faire, où l’on peut assister au changement et se prévaloir, sinon de l’avoir porté, du moins de l’avoir vécu! Devoir conjuguer avec la société en plus de reconsidérer ses propres limites est pour moi plus stimulant que d’être dans un pays où ton seul ennemi est toi-même, et où le dépassement de soi reste l’unique levier d’évolution.

  • Et si c’était à refaire ?

Je ne regrette pas mon retour au Maroc. J’ai des activités complètement différentes, je rencontre beaucoup de gens et pense à plusieurs projets. Je me sens plus épanoui, faussement peut-être, mais peu importe, tant que je suis convaincu d’être heureux.