Mohamed El Bellaoui

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Mohammed El Bellaoui fait partie de cette génération d'artistes profondément inspirés par la culture urbaine et le milieu underground. Il est designer, graphiste, illustrateur, peintre aquarelliste mais pas seulement. En lui se cache aussi « RebelSpirit », street artist téméraire et aventureux, traversant Casablanca de bout en bout, de la vieille médina à la banlieue, de jour comme de nuit, arpentant les grands boulevards animés ou les ruelles plus sombres, à la recherche de tout ce qui reste invisibles aux yeux des habitants de la ville blanche. Portrait. 

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Baroudeur hors pair, Mohammed  parvient à nous guider à travers ses œuvres. Avec une connaissance presque unique de la ville et de tous ses recoins, il nous livre « Leguidecasablancais » dans lequel il fait évoluer son héros L’Madani. A travers cette BD, à la manière de la mini-série postcyberpunk de la fin des 90’s Transmetropolitan - en un peu moins fantastique - , certains découvrent voire s’identifient à différentes scènes du quotidien made in Casa, faisant référence au train-train d’une grande partie des bidaouis, le tout rythmé par la darija avec tout ce qu’elle a de plus imagé !

Pourtant originaire d'Essaouira, c’est à Casa, à la fin du collège que Mohammed découvre le street art en feuilletant le magazine Groove: épiphanie ! Inspiré par ce qu’il découvre, c’est à la lueur de la lune qu’il commence à tapisser les murs de la métropole de sa créativité clandestine. Et voilà qu’un nouveau (anti) héros est né : Rebel Spirits’éveille, armé d’une bombe à tag et de son imagination en ébullition, alimentée par la rue marocaine. En s'imprégnant de son environnement dans le quartier périphérique de Salmia,« magnifique fusion d’êtres humains », c’est toute la pensée, les projets et l’indépendance de Mohammed qui s'épanouit.

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Totalement absorbé par l’art et la création, il se détourne de ses études universitairespour rejoindre les Beaux-Arts de Casablanca dont il est diplômé en 2013. C’est donc de sa passion qu’il fait son métier et pas de n’importe quelle manière. Il a le désir créer en toute liberté, pouvoir faire vivre la ville telle qu’il la voit, la palpe, la ressent, sans compromis. Pour RebelSpirit« Casa est trash et crue » et c’est telle quelle qu’il aime la représenter.

Toujours avec un regard bienveillant, mais lucide et un brin taquin, ce "voyou qui dérange" revendiqué reconstitue une fresque de ce Casablanca-là, la Casanegra de certains, encore trop délaissée par les citadins, et dont « seuls les épiciers et les clochards savent profiter ». Ses tableaux sont donc pour lui autant de manifestations, presque engagées, de son amour inconditionnel et de sa fascination pour cette ville qui l’inspire sans jamais tarir.