Mashrou' Leila

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Mashrou Leila, c’est ce groupe indé-rock libanais qui depuis 2008, révolutionne la musique alternative arabe avec une musique complexe et des textes engagés, sulfureux et romantiques. Après un EP, deux albums et une tournée, ils sont la preuve qu’on peut chanter en arabe, revendiquer ses origines, et même reprendre Warda, et réussir à fédérer au-delà de la méditerranée sans être catalogué dans la world music.

Mashrou

Pour Karim Ghattas, leur manager, l’opposition de l’indé à la pop est aujourd’hui dépassée.

« C’est juste une façon de produire qui est différente mais l’envie de faire marcher les choses est la même que pour n’importe quel artiste pop. »

2 ans après les avoir découverts en concert à Paris, ils viennent jouer pour la première fois au Maroc dans le cadre de Visa For Music à Rabat et enregistrent un épisode de Korsa Live, émission animée par Younes Lazrak et diffusée en Janvier prochain sur 2M. Ils ont longtemps attendu l’opportunité de jouer au Maroc et leur venue est d’ailleurs représentative de l’évolution de l’industrie musicale locale et de l’ouverture culturelle du pays.

Hamed (chanteur) et Firas (guitariste), répondent à notre question sur leur place dans la musique arabe contemporaine.

  • Depuis 5 ans, vous représentez la musique arabe contemporaine, je pense que vous en êtes conscients, qu’en pensez-vous et comment vous positionnez-vous ?

Hamed : C’est une de ces choses qui arrivent par accident, la célébrité. Notre profession, c'est d’être musiciens, on essaie donc de s’en affranchir au maximum, surtout pendant les moments d’écriture, ça représente tout de même beaucoup de pression de devoir penser à son public, aux gens pour qui on écrit, à leurs attentes, et à comment nous voulons les toucher.

Firas : Mais en même temps, nous sommes conscients qu’il y a des problèmes dans l’industrie musicale arabe et c’est quelque chose qu’on essaie de changer concrètement avec des initiatives comme « Occupy Arab Pop » pour financer Raasuk, notre dernier album, par le crowdfunding. On refuse d'être signés dans un label qui essaierait de nous formater pour nous rendre plus "vendables" au Moyen-Orient. Même le genre d’endroits où on choisi de faire nos enregistrements ou ne serait-ce qu’écrire notre musique témoigne de notre engagement. Le choix de l'arabe dans nos paroles participe également d'une volonté d'explorer notre identité, de comprendre ce que ça veut dire aujourd'hui "être arabe". C'est clairement une contrainte qu'on s'est imposée parce que nous essayons activement de lutter contre la léthargie dans laquelle la pop arabe est enfermée depuis trop longtemps déjà.