[LE SON DU WEEKEND] El Hilwatu, la douceur amère de Bachar Mar-Khalifé, remixée par Sama'

En Mai dernier, Bachar Mar-Khalifé sortait son 4ème album "The Water Wheel". Un opus hommage au musicien nubien Hamza El Din qui a marqué l'enfance de l'artiste, et qu'il défend, audacieux, comme un album à part entière, "percutant, noir et scintillant" d'après Le Monde. Sur scène, accompagné de ses 3 musiciens, Dogan Poyraz à la batterie, Aleksander Angelov à la basse, et Priam Desmond au saz électrique, Bachar délivre un live furieux et transgressif. Mais le voyage dans le temps et dans l'espace ne s'arrête pas là. Alors qu'en 78 la musique de Hamza El Din rencontrait le rock psychédélique des Greatful Dead, quarante ans plus tard, l'interprétation de l'artiste libanais s'encanaille dans une version techno de "El Hilwatu", remixée par Sama', dj et productrice pionnière de la scène électronique palestienne. Coup de coeur. 

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De la techno qui cogne, un poème d’amour sombre, des rifs de piano et des claps qui flirtent avec la transe, « El Hilwatu » est un de ces morceaux dont on ne se lasse pas, comme un doux poison qui enivre, un sort qu'on ne cherche pas à déjouer. 

La rencontre avec Sama' s'est faite en 2016, à l'occasion du festival parisien Palest'In & Out et la collaboration s'est faite comme une évidence. "La force de ce morceau m’est apparu à l’écoute d'une version live où Hamza El Din joue en première partie des Grateful Dead. Le contexte est complètement fou. Ils le présentent eux mêmes sur scène, et il entre, céleste, pour ouvrir la grande messe psyché. Chaque membre du groupe le rejoint un à un sur ce morceau pour clore cette ouverture, et font clapper le public envoûté. C'est un cycle de douze mesures qui revient et crée cette impression de transe qui colle aujourd'hui parfaitement à l'univers électro de Sama'". Dans son arrangement, Bachar a remplacé la mélodie originale du oud - plus légère - par la ligne de basse de son titre "Layla", pour laisser émerger la face obscure du morceau et se l'approprier totalement. 


« C’est pour moi une manière de rentrer dans le morceau, de créer un monstre à part entière. »


Sa voix vient se poser sur le thème comme des incantations, presque mystiques, soutenues par des beats entêtants. L'harmonie est troublante et cette rencontre musicale vient finalement nourrir le rêve de l’artiste libanais de se produire un jour en Palestine. Au nom d'une musique qui ne connait ni frontières, ni époque, ni patrie. 

الحلوة وعدت وأهلّت في الموعد تخطر كالبال 

لهفت روحي حين أطلّت نستقبلها بالاحضان 

وبفرحة أسعد إنسان وبقلب يرقص نشوان 

الحلوة ينبوع حنان يقصده قلبي الظمآن 

فتذوب شجوني وهمومي بحديث باقة ألحان 

يبعد عن قلبي الأحزان ويحيل فؤادي نيسان

الحلوة تقترب خطاها أعرف مشيتها وشذاها

تهمس بالبسمة عيناها ويحلّ الأنس محياها

ما أعظمها ما أحلاها ما أعظمها ما أحلاها

Écrit par Nur El Din Abidin, 

Composé par Hamza El Din

Plus d'infos sur www.bacharmarkhalife.com.