Acid Arab sort son premier album : La Musique de France sera electro-chaâbi ou ne sera pas 

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La rentrée électro 2016 semble définitivement placée sous l’égide des cultures arabes et orientales. Après le set galvanisant d’Omar Souleyman, syrien kitsch et transgressif s’il en est, à l’Oasis Festival, c’est au tour d’Acid Arab, dont on fêtait la sortie de leur dernier EP l'an dernier à Casa, de raconter la rencontre fantasque et sensuelle de l’électro, du Maghreb et du Moyen-Orient.

ACID ARAB
ACID ARAB

Le duo parisien, composé depuis 2012 de GuidoMinisky et HervéCarvalho, annonce en effet la sortie de leur premier album ce 7 octobre. Après avoir posé leurs platines à Marrakech pour l’Atlas Electronic, c’est avec une dizaine de tracks où s’enchevêtrent avec génie acid-house, musiques traditionnelles maghrébines et sonorités industrielles qu’Acid Arab nous invite à redéfinir les contours de l’électro. Coup de cœur de Lioumness pour La Hafla, dont les mélodies tiennent la promesse du titre et accueillent en featuring la voix de SofianeSaidi, Le Disco qui fait la part belle aux influences disco/funks et finit par flirter avec la techno, et Gul L’Abi, pour son côté planant, presque tripant, et les voix féminines de Tair, Tiron et Tagel du trio israélien A-WA.

Et puis coup de cœur bien sûr pour le titre délicatement subversif de l’album, Musique de France, qui surgit sur le dancefloor des clubs comme un pied-de-nez festif à l’idée absurde d’une identité nationale monolithique de l’hexagone.

En bref, une French Touch métisse, vivifiante et inclusive, dont le premier clip vient tout juste de sortir. Sarayat 303 est un nouveau montage du court-métrage algérien culte Seuls les oiseaux, réalisé en 1987 par Ahmed Zir. Ici "303" fait référence au synthétiseur Roland TB-303, élément caractéristique de la scène acid house des années 80 entre Chicago et Berlin, au moment-même où Zir tournait son oeuvre poétique et expérimentale. Et "Sarayat", véhicule, suggère ce lien permanent qu'ACID ARAB cherche à établir, entre les musiques, les cultures, les époques, et les géographies. Dans ce clip, les synthés viennent se poser sur des images d'enfants révoltés, d'oiseaux hitchcockiens et de motards menaçants, au milieu d'une architecture brutaliste oppressante. Autant d'éléments qui préfiguraient la révolte des jeunes en 88 et qui donnent à redécouvrir le travail unique et précurseur de "l'ambassadeur du cinéma amateur algérien dans le monde", comme une ode noire et urgente à la liberté qui reste terriblement d'actualité. 

Et pour les parisiens, rendez-vous demain à La Station pour la release party avec en guest, Mehmet Aslan et Toukadime !