Studio Iwa

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A Casablanca, un jour de pluie, on cherche abri au studio IWA, avenue Moulay Youssef. Valérie, que nous avions déjà rencontrée lors de la première édition de The Souk, nous accueille dans les règles de l’hospitalité marocaine, et bien plus. Bref passage par la cuisine, qu’on croirait sortie d’un café branché d’Istanbul, un verre de coca, et on est parés pour le tour du propriétaire.

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On passe tour à tour du hall d’entrée, où sont accrochées d’anciennes affiches du Maroc et de vieilles réclames, à la pièce principale, où sont exposées les illustrations de grandes figures de l’histoire marocaine et de mythes berbères du collectif Maures. Au bout d’un couloir, l’atelier de la créatrice Ghita Laskrouif, et du designer Mehdi Khessouane, des meubles improbables, un baldaquin sur un canapé, et des bibliothèques en ruche d’abeille. L’impression d’être dans l’imaginaire des créateurs. On pousse une porte et c’est le studio photo de Raphaël, photographe, graphiste et fondateur du collectif Tiitswi, qu’on vous avait présenté il y a quelques semaines.

IWA est une résidence d’artiste, un émulateur de talents, et un espace inédit à Casablanca, où se côtoient créateurs et amateurs, curieux et initiés. Studio de création, showroom de créateurs contemporains, et espace d’exposition, IWA est aussi un lieu de vie. Pas de protocole ici, on entre au studio comme on s’inviterait chez des amis, sans prévenir, sans gêne, et le cœur plein. On y vient pour voir de belles choses, discuter, échanger, boire un café, écouter le dernier mix d’Acid Arab. Un lieu hybride et frais, entre Hambourg et Istanbul.

On oublie les galeries coincées et les galeristes aux regards inquisiteurs, qui surveillent nos moindres mots et guettent nos moindres gestes. Le studio IWA est un espace libéré et solidaire, on y va et on y vient, on touche à tout, et on fouille dans les pop-up stores disséminés dans les quatre coins du lieu.

En ce moment, le studio donne carte blanche au collectif Maures, qui investit les lieux, et y apporte sa touche de cool à la marocaine. On y trouve, dans le désordre, des pages de bandes dessinées en arabe du bédéiste Hicham Habchi, un graffiti qui a été réalisé pendant une performance live du graffeur Trick le jour du lancement de l’exposition, et des calendriers illustrés et brodés posés négligemment sur un piano.

A travers la baie vitrée, le ciel s’assombrit, il est temps pour nous de partir, mais pas avant de repasser par la cuisine, histoire de laisser un mot sur le carrelage, et de se convaincre une deuxième fois que c’est bel et bien l’endroit le plus fécond du Tout-Casa.

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